Contexte historique : de SICCFIN à l'AMSF
La Loi n° 1.362 a été promulguée le 3 août 2009 — quelques années après l'adoption de la troisième directive anti-blanchiment de l'Union européenne (2005/60/CE). Bien que Monaco ne soit pas membre de l'Union, sa place financière est étroitement intégrée à l'écosystème européen, et la Principauté a fait le choix d'aligner son dispositif LCB-FT sur les standards internationaux portés par le GAFI et par Moneyval, le comité d'évaluation du Conseil de l'Europe.
Depuis sa promulgation, la Loi a été modifiée à plusieurs reprises pour intégrer les évolutions des standards internationaux : extension des catégories assujetties, renforcement de la vigilance à l'égard des personnes politiquement exposées, alignement progressif sur les quatrième et cinquième directives européennes, transposition des recommandations Moneyval. L'ordonnance souveraine n° 8.664 du 26 mai 2021 figure parmi les textes d'application les plus structurants.
Le tournant supervisoire le plus marquant est intervenu en 2023 avec la création de l'Autorité Monégasque de Sécurité Financière (AMSF), qui a remplacé le Service d'Information et de Contrôle sur les Circuits Financiers (SICCFIN). L'AMSF concentre les fonctions de cellule de renseignement financier (réception et exploitation des déclarations d'opération suspecte via sa Cellule de Traitement et d'Analyse — CTA) et de superviseur des entités assujetties (inspections, lignes directrices, sanctions administratives). Le terme SICCFIN reste rencontré dans les textes plus anciens et dans certaines correspondances ; il désigne aujourd'hui la même autorité, sous son nom actuel.